SNUipp-FSU | Section de la Gironde
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APC : on fait quoi ?
lundi, 24 septembre 2018
/ SNUipp33

Certains IEN tenteraient d’imposer la mise en place de « clubs de lecture » pour les APC alors que le décret de 2017 est toujours en vigueur et accorde plus de souplesse aux enseignants pour la mise en œuvre des APC. Le SNUipp-FSU fait le point.

Le décret du 31 mars 2017 fixant les obligations de services prévoit pour les APC « 36 heures consacrées à des activités pédagogiques complémentaires organisées dans le projet d’école, par groupes restreints d’élèves, pour l’aide aux élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages, pour une aide au travail personnel ou pour une activité prévue par le projet d’école ».

Une circulaire ministérielle du 29 mars 2018 précise quand à elle que les APC seraient « spécifiquement dédiées à la mise en œuvre d’activités relatives à la maîtrise du langage et à la lecture. » Elle s’appliquerait dès la rentrée.

Nous avons donc 2 textes contradictoires, mais pour qui a fait un peu de droit, il existe une hiérarchie entre ces différents textes.

Le principe est simple  : la hiérarchie entre ces différents textes découle de la position institutionnelle de leur auteur. Plus l’auteur est élevé dans la hiérarchie administrative, plus la valeur du texte est grande. Ainsi, les décrets (qui sont signés par le président de la République) l’emportent toujours sur les arrêtés. Les circulaires n’ont pas, en principe, la valeur d’une décision.

Pour le SNUipp-FSU, cette organisation des APC en « clubs de lecture » reste donc une recommandation mais ne peut pas être une obligation. Les enseignant-e-s restent libres d’organiser les 36h d’APC conformément au décret de 2017.

Le SNUipp-FSU rappelle qu’il appelle les enseignant-e-s à se réapproprier les 36h d’APC.

L’objectif que nous nous sommes fixé c’est de redéfinir le temps de travail au regard de ce que nous disent les enseignants sur leur charge de travail qui explose. Le moyen choisi est l’arrêt des APC. Aujourd’hui le temps de service est défini en 24 heures d’enseignement devant élève, en une heure d’activités pédagogiques complémentaires, et en deux heures essentiellement consacrées à des réunions de concertation et d’équipe, à des animations pédagogiques. La charge de travail explose, même une direction institutionnelle comme la DEPP dit que nous en sommes à 44 heures par semaine.

Pourquoi les APC ?

Pour deux raisons. La première est que pour l’essentiel de ce que les enseignants nous en disent, ce n’est pas satisfaisant en termes de ce qu’on peut y faire. Elles sont facultatives pour les élèves, elles rallongeraient leur journée de classe et la lisibilité pour les familles n’est pas toujours évidente en termes d’horaires ou de confusion entre les APC et les TAP. S’il s’agit de remédier à la difficulté scolaire, cela se fait en classe ou avec les enseignants spécialisés des RASED. Les enseignants y voient donc peu d’efficacité. La redéfinition du temps de travail passe par l’arrêt des APC pour imputer ce temps à des tâches qui existent déjà. D’ailleurs cette année avec les nouveaux programmes ou la liaison école-collège, aucun temps n’a été mis à la disposition de la profession pour s’en emparer.

Une heure de moins pour les élèves, n’est-ce pas préjudiciable ?

Cela ferait une heure de moins pour certains élèves. De plus, cette heure n’est pas une heure d’enseignement. Dans la redéfinition du travail, il faudra arriver à une vraie déconnexion entre les horaires enseignants et les horaires élèves, pour maintenir un nombre d’heures aux élèves tout en reconnaissant la charge de travail des enseignants et la nécessité du travail en équipe.