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« prof bashing » : communiqué du SNUipp-FSU

vendredi 12 juin 2020

Le SNUipp-FSU a tenu à recadrer les propos intenables de différents médias dénigrant la professionnalité des enseignant·es.

Les enseignant·es sont bien là

Quand dans la même phrase le ministre de l’Éducation nationale dit « toutes les familles qui le souhaitent devront pouvoir scolariser leur enfant même partiellement » et « le protocole est inchangé », on assigne à l’école un objectif intenable et, par ricochet, on jette l’opprobre sur les enseignant·es. En tenant compte du protocole, dont les 4M2 par enfant, l’exercice est en effet impossible et pourrait au mieux déboucher sur un accueil partiel de davantage d’enfants ce qui ne correspond pas à la demande légitime des familles. Le ministère sait très bien que l’école ne peut pas tenir cette promesse mais dégage ainsi sa responsabilité et entretient le doute sur la présence des enseignant·es. De même, en faisant rêver sur un accueil périscolaire parallèle qui ne peut être organisé partout, il se dédouane sur les municipalités.

Les enseignantes et les enseignants des écoles sont là. Iels l’ont été pour accueillir les enfants de soignant·es sans masques et sans gel pendant de longues semaines. Iels l’ont été pour l’enseignement à distance où ils ont dû improviser à la hâte sans matériel professionnel et sans formation, maintenant activités scolaires et lien précieux avec leurs élèves. Iels ont été là à la reprise dès que l’école a ouvert pour assurer la scolarisation en présentiel mais aussi en distanciel. Nombre d’entre elle·eux effectuent une double journée entre élèves présent·es et élèves à distance. Des enseignant·es ont même été désigné·es par les inspecteurs pour se consacrer uniquement à l’enseignement à distance car seule une minorité d’élèves peut être accueillie dans les écoles.

Par ailleurs la stratégie ministérielle du volontariat des familles qui tourne le dos à l’école de tous et toutes, freine le retour des élèves ayant le plus besoin d’école et est un facteur de creusement des inégalités.

Une enquête du SNUipp-FSU indique que moins de 10% des personnels enseignant·es sont concerné·es par des problèmes de santé ou de vulnérabilité de leur entourage, et ne peuvent aujourd’hui reprendre la classe en présentiel. Bien loin donc, des 40% qui seraient soi-disant « dans la nature ».

Comme tout·es les salarié·es, les enseignant·es doivent rendre des comptes à leur hiérarchie qui sait qu’iels travaillent et témoigne d’ailleurs de la qualité de leur engagement pour faire classe, en présentiel comme en distanciel, dans les conditions imposées par le protocole sanitaire. Iels sont bien là et une fois de plus iels tiennent le système éducatif à bout de bras tandis que le ministère censé les soutenir entretient le flou sur des chiffres fantaisistes, une manière de déplacer le projecteur et de les rendre responsables d’une situation particulièrement mal gérée.

Paris, le 10 juin 2020

Lire l’article du Café pédagogique : Qui veut la peau des enseignants français ?

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