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Analyse de la circulaire de rentrée « École Inclusive »

jeudi 17 octobre 2019

Le ministre conclut cette année scolaire par la parution d’une circulaire de rentrée dite « école inclusive », qui parle principalement des élèves en situation de handicap occultant la loi de 2013 et les autres élèves dits « à besoin éducatifs particuliers ».

La circulaire est parue au BO du 6 juin 2019, accompagnée d’un vade-mecum sur le pôle inclusif d’accompagnement localisé (PIAL).

Sept points sont détaillés dans la circulaire :

1) Un service départemental de l’école inclusive est créé

il sera en premier lieu un service de Ressources Humaines pour les personnels chargés de l’accompagnement des élèves en situation de handicap (recrutement, contrat, suivi, affectation…) mais aussi une cellule d’écoute et de réponse en direction des parents. Ce service aura aussi pour mission la mise en place et le pilotage départemental des PIAL, ainsi que le suivi et l’évaluation de la politique de scolarisation des élèves à besoins éducatifs particuliers.

La mise en œuvre de ce service nécessitera des moyens humains importants, il ne peut se faire à moyens constants. Des créations de postes sont donc nécessaires

2) Organisation des PIAL

l’organisation de la mise en œuvre de l’accompagnement dans les PIAL des premier et second degrés, ainsi que dans ceux interdegré doit rester souple, afin de s’adapter aux problématiques locales. Elle devrait partir du besoin des élèves mais dans la réalité, elle risque fort de n’être qu’un outil de gestion des personnels.

La coordination du PIAL et le suivi de la qualité de l’inclusion scolaire peuvent être dé-légués, sur la base du volontariat, à un·e directeur·trice déchargé·e d’un quart de temps. Ce temps de décharge ne paraît pas suffisant au regard de la charge de travail supplémentaire demandée.

3) Mieux accueillir les parents et scolariser les élèves

une cellule départementale d’écoute et de réponse est créée et déployée de juin 2019 aux congés d’automne. De plus, un entretien est prévu avec la famille dès la prérentrée si possible et avant les vacances d’automne de toute façon.

Mieux accueillir les parents et scolariser les élèves est un objectif partagé. Pour cela non seulement il faut des moyens dédiés mais il ne faut pas que les réponses apportées par la cellule soient incohérentes avec les réalités du terrain, afin que la responsabilité ne retombe pas sur les équipes.

4) Reconnaître le travail des enseignant.es, déployer une offre de formation

une plateforme « cap école inclusive » à destination des enseignant.es et des AESH, est mise en place. Une carte interactive devrait leur permettre de contacter des professeur·es ressources, les centres de ressource autisme (CRA) et l’INSHEA. Ces formations ne sont que numériques alors que de vraies formations devraient être inscrites aux plans de formation et s’appuyer sur les besoins réels prenant en compte la spécificité des situations d’inclusion.

La formation des personnels, enseignant·es et accompagnant·es, est réduite pour l’essentiel à une plateforme numérique, alors qu’une formation en présentiel serait absolument nécessaire.

5) Renforcer l’appartenance des AESH à la communauté éducative

un entretien d’installation et un autre de présentation doivent être réalisés au début de l’année. Il est rappelé que les AESH participent aux réunions des Équipes de Suivi de la Scolarisation. Mais travailler entre professionnels suppose que chacun soit reconnu dans sa professionnalité. Une formation qualifiante est donc nécessaire !

6) Simplifier les démarches

un « livret du parcours inclusif » évolutif est créé, censé rassembler tous les documents et outils autour du parcours de l’élève. Cependant, il n’existe pas pour l’instant. A quel moment sera-t-il présenté aux familles et aux professionnel.les pour une mise en œuvre dès la rentrée ?

7) Suivi des parcours et évaluation de la « qualité »

l’outil d’auto-évaluation Qualinclus est préconisé pour le suivi des mesures mises en place, principalement pour les PIAL. Cet outil, qui n’a pas un caractère obligatoire, participe de la culture de l’évaluation et repose sur des indicateurs chiffrés et des procédures d’évaluations des personnels et de leurs actions.

Une commission départementale de suivi des PPS est créée pour évaluer la mise en œuvre et arbitrer les recours et/ou litiges. Il en est de même aux plans académique et national.

Pour conclure, cette circulaire propose de nombreux aménagements de gestion sans parler à aucun moment des moyens mis en œuvre. On ne peut que s’inquiéter de l’ajout de nouvelles missions ou de redéploiements de personnels administratifs et enseignants à moyens constants. Il n’y a donc pas de réponses apportées aux principales préoccupations de l’école inclusive, en se concentrant uniquement sur les élèves en situation de handicap, et en ne proposant aucun moyen pour une réelle formation, le recrutement ou encore l’accès à un vrai métier d’accompagnant.e. Le ministre de l’Éducation Nationale met en œuvre « sa vision » de l’inclusion, qui consiste à rationaliser le plus possible et gérer la pénurie des moyens nécessaires à une inclusion de qualité.
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