Retour accueil

Vous êtes actuellement : phychologue de l’éducation nationale 


fontsizeup fontsizedown impression envoyer l'article par mail envoyer par mail

Communiqué de Presse- SNUipp-FSU de la Gironde à l’occasion de la venue du ministre en gironde

mardi 1er mai 2018

« Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage... »

À l’occasion du passage de Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale dans notre département, le SNUipp-FSU de la Gironde tenait à lui faire part de la stupéfaction avec laquelle il a pris connaissance des 4 circulaires et du guide adressés aux enseignant.es du premier degré, sur la forme comme sur le fond.

Sur la forme, le SNUipp-FSU tient à rappeler à M. Blanquer que le cadre d’exercice des enseignants du premier degré existe déjà, et qu’il a pour nom « programmes de l’éducation nationale ». Le fait qu’un ministre s’adresse sur un ton aussi injonctif aux enseignant.es en dit long sur le peu de considération qu’il a pour notre profession, notre investissement, notre expertise. Il interroge aussi sur la vision très verticale et descendante, pour ne pas dire condescendante, de l’exercice des responsabilités de notre ministre. Loin, très loin, de la confiance qu’il met en avant dans ses communications.

Sur le fond, que penser de ce bréviaire qui alterne platitudes et injonctions des plus discutables ? Déjà lorsqu’il était à la DEGESCO, nous avions dû subir les fantasmes et les idées très arrêtées (mais pas très étayées) de M Blanquer sur les apprentissages. La mise en œuvre des programmes de 2008 a depuis conduit à une régression des élèves français dans les enquêtes internationales, ce que personne ne conteste.

Mais il faut croire que la mémoire de notre ministre est sélective :10 ans plus tard, il nous ressert la même rengaine, mélange de fantasmes anti-méthode globale (rappelons encore une fois que cette méthode n’existe pas), de considérations « de bon sens » (il faut observer les élèves pour les aider, quelle trouvaille !), et de partis pris jamais explicités sur l’état de la recherche. De ce point de vue, les préconisations sur de prétendues bonnes pratiques qui seraient garantes de la réussite de tous non seulement portent atteinte à la liberté pédagogique, mais montrent une vision des apprentissages du ministère tout simplement inadmissible.

Les enseignants savent bien ce que provoque l’application à tous et toutes d’une approche unique des apprentissages : cela fabrique de l’inégalité. Or c’est bien ce qui est inquiétant dans le discours de M Blanquer : tout y converge vers une vision de l’école qui servirait à classer et trier les élèves, vision dont on connaît déjà les perdants : les élèves issus des milieux populaires, quand bien même ils ne seraient que 12 par classe en CP ou CE1.

Le SNUipp-FSU s’oppose à la mise en œuvre de ces injonctions qui ne servent pas la réussite de tous les élèves. Il continue à promouvoir une école se nourrissant des apports de toute la recherche, sans dogmatisme, mais au contraire forte de ces expérimentations, débats, controverses. Il milite pour une formation initiale et continue de qualité qui permette aux enseignants d’être acteurs et concepteurs de l’école. Le 22 mai, le SNUipp-FSU appelle tous les personnels de l’Éducation Nationale à se mettre en grève pour défendre et développer un service public d’éducation ambitieux pour tous les élèves, fondé sur la confiance et le respect du travail des enseignant.es.

SNUipp-FSU Gironde, le 04/05/2018

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

Tél : 05.56.31.26.63 | E-mail : snu33@snuipp.fr | Adresse : 44 cours Aristide Briand 33000 BORDEAUX