Retour accueil

Vous êtes actuellement : SNUipp-FSU - Vie de la section 


fontsizeup fontsizedown impression envoyer l'article par mail envoyer par mail

Le SNUipp-FSU33 défend le dispositif « Plus de Maîtres que de Classes » 

jeudi 1er juin 2017 (Date de rédaction antérieure : 29 mai 2017).

Jean Michel Blanquer, nouveau ministre de l’éducation nationale, n’est pas un inconnu au ministère. Depuis 2004 il a gravi les échelons qui mènent aux plus hautes responsabilités et fut aux manettes de 2009 à 2012 pour gérer les suppressions de postes et mettre en œuvres les nouveaux programmes d’assez sinistre mémoire..

Jean Michel Blanquer est un convaincu. Il affirme qu’il y a des réponses scientifiques aux problèmes éducatifs et qu’agir sur de « vrais leviers » améliorera l’éducation : profilage des enseignant-es, directeurs(trices) supérieurs hiérarchiques, retour sur les fondamentaux réduits au français/maths, individualisation des parcours pour les élèves, le tout justifié par des sources scientifiques… soigneusement sélectionnées !

Dès sa nomination, il annonce d’ailleurs la mise en place de sa mesure phare : réduction des effectifs des CP à 12 en éducation prioritaire à la rentrée 2017. Malgré le flou qui accompagne la mise en œuvre de cette réforme, le redéploiement prévu des « Plus de Maîtres que de Classes » sur les classes de CP menace ce dispositif pourtant plébiscité par les collègues.

Dans le REP+ de Lormont, une trentaine de collègues se sont réuni-es, ont fait part de leurs inquiétudes et de leur volonté de pérenniser ce dispositif. Le SNUipp-FSU sera reçu en audience par l’inspectrice de la circonscription.

Le dispositif PMQC mérite qu’on lui laisse du temps

Pour le SNUipp-FSU, s’il est nécessaire de réduire les effectifs, levier essentiel de la réussite des élèves, c’est aussi dans toutes les classes de l’éducation prioritaire et hors éducation prioritaire qu’il faut le faire ! Il n’est pas acceptable d’opposer la réduction de la taille des classes de CP et de CE1 au maintien du dispositif « plus de maîtres que de classes ». [1]

En Gironde, quand le SNUipp-FSU33 va à la rencontre des collègues, toutes les écoles qui bénéficient d’un-e enseignant-e plébiscitent le dispositif : travail collectif, évolution des pratiques qui se sont davantage harmonisées après une première année de mise en place et de prises de repères. « Cela a redonné une nouvelle dynamique au travail en équipe. Élaboration de projets spécifiques, co-enseignement, approche différente de la préparation de classe et du suivi des élèves. Tout cela a demandé beaucoup de temps, de travail, d’énergie et là tout est remis en cause. » témoigne une collègue du REP+ de Lormont.

Les enseignant-es de ces écoles ne comprendraient pas la remise en cause d’un dispositif dans lequel ils et elles se sont fortement engagé-es et qui montre ses premiers effets sur la réussite des élèves.

Plutôt que de supprimer le « Plus de maîtres que de classes », le SNUipp-FSU propose de le renforcer et de l’étendre à toutes les écoles.

Et les personnels ?

Une grande incertitude règne aujourd’hui quant à ces annonces nationales qui ne se déclinent pour l’instant pas en « règles » au niveau départemental. Le SNUipp-FSU33 dénonce une nouvelle fois la maltraitance des personnels qui, à un mois de la fin de l’année, ne savent pas à quelle sauce ils et elles vont être mangé-es ! Les opérations de carte scolaire, très tardives à cause des élections (Comité Technique Spécial Départemental le 27 juin, après le second mouvement) ne laisseront aucune marge de manœuvre. Si le dédoublement des classes de CP est acté, il faudra créer des postes supplémentaires et en assumer les conséquences.

Pour le SNUipp-FSU, ces créations ne peuvent pas se faire au détriment des ouvertures de classe où qu’elles soient en Gironde, au dépens des effectifs des autres classes en REP et REP+, au détriment du remplacement, de la formation, et sans amputer le dispositif PMQC. Ces créations ne peuvent aussi pas non plus se faire sans une véritable réflexion sur leur faisabilité (locaux, répartition pédagogique, décharge de direction...)

Le SNUipp-FSU33 portera ses exigences auprès du DASEN lors des prochaines instances (30 mai (lire le compte-rendu de la CAPD), 27 juin, 4 juillet) et en audience spéciale dès le 6 juin :
- on ne touche pas au dispositif PMQC, on garde tous les PMQC existant-es, sur leurs postes ;
- créations de postes pour ouvertures de classes (en lien avec les effectifs globaux de l’école) ;
- réduction des effectifs d’une manière générale (et en CP si possible)

Nous avons besoin de réponses claires de la part de l’administration, rapidement, quand le ministre reste très évasif sur la méthode qu’il compte mettre en œuvre.

Notes

[1] JMB s’est défendu de vouloir détricoter le dispositif « plus de maîtres que de classes » afin de trouver les effectifs supplémentaires mais souhaite qu’il soit « évalué », car son efficacité « reste à démontrer » et il affirme en contre partie qu’il est « prouvé » par des « études scientifiques » que le dédoublement des classes « fonctionne ». Pourtant, déjà, à la rentrée 2002, une centaine de cours préparatoires accueillant surtout des élèves défavorisés ont expérimenté les effets d’une réduction de leurs effectifs à 8-12 élèves. Le bilan était sans appel, les inégalités dont est malade l’école française ne sont pas réduites (note de la Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance, avril 2005)

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

Tél : 05.56.31.26.63 | E-mail : snu33@snuipp.fr | Adresse : 44 cours Aristide Briand 33000 BORDEAUX